Yvon PREVEL

BIOGRAPHIE

Portrait d'Yvon Prével en 1970
Yvon Prével en 1970
Pastel 1972
Pastel de 1972
Toile cousue
Premiers essais avec toile de jute
tableau en toile de jute
tableau en toile de jute
Village de Gordes
Village de Gordes
Portrait du petit teckel
Portrait du petit teckel
autoportrait
autoportrait
tableau sur la disparition
tableau sur la disparition
Technique du peigne
Technique du peigne
Photo d'une rue du village de Gordes
Photo d'une rue du village de Gordes
Ve d'atelier
Tableau de la dernière période

1968 - 1975

Encre et pastels  : le géométrisme abstrait

Aîné d'une famille modeste de 4 enfants dans le Cotentin en Normandie rien ne prédestine Yvon Prével à la peinture. De fait, il suit des études de mécanographe et trouve un premier emploi dans l'entreprise IBM en Suisse.
Toutefois, sans que l'on connaisse exactement la raison, à la fin des années soixante, il quitte sa situation en Suisse pour poursuivre des études aux Beaux-Arts à Paris. Il vit en travaillant avec des brocanteurs et fréquente assidûment Saint-Germain des Près. En mai 68, il participe aux manifestations du quartier latin et rencontre sa future femme, Christine, étudiante en lettres. Belle fille du célèbre sculpteur Robert Jacobsen, Christine l'introduit dans un milieu où se côtoient les artistes de la galerie Denise Renée. Par ailleurs, il rencontre César, Vasarely, Deyrolle. Son œuvre sur papier encre et pastel témoigne de l'influence du courant géométrique abstrait.

1975 - 1993

Reliefs en toile de jute  : les impressions visuelles

À la fin des années soixante-dix, Yvon Prével quitte le papier pour un travail sur la toile de jute. Il la coud, la cloue, la colle, l'effrange, la plisse, la peint… la toile de jute et les sacs usagés des PTT deviennent alors son matériau de prédilection. Farouchement indépendant et solitaire, Yvon Prével est parfois classé parmi les peintres matières. Une qualification à ne pas retenir selon le critique d'art Pierre Brisset qui décrit son œuvre comme « inclassable », « une œuvre dont les tableaux ne sont ni tout à fait des peintures ni tout à fait des reliefs de toiles épaisses ».
Pour autant, l'artiste ne s'enferme pas dans sa tour d'ivoire et participe activement de 1978 à 1996 à de nombreux salons tels que « Grands et jeunes d'aujourd'hui », « Réalités nouvelles », « Art jonction international », « Salon itinéraire »… Il accepte d'être membre de plusieurs jurys parisiens (salon de Montparnasse, salon de la Jeune Peinture du 13e et 14e et cercle des Gobelins en 1994.)
Au cours des années quatre-vingt, Yvon Prével poursuit ses recherches et élabore un véritable langage pictural. S'il apparaît de prime abord comme un peintre abstrait, son inspiration est pourtant bel et bien figurative :

« bien que cela ne soit pas forcément apparent, je travaille toujours à partir de ce que j'ai vu. Je recueille des impressions visuelles à la manière de flashs, que j'essaie de traduire en utilisant de concert la matière et la couleur. ».

Pierre Restany ne s'y trompe pas et place au centre de l'œuvre de l'artiste « le regard ». Dans un texte intitulé « Yvon Prével : l'éternelle errance du regard » écrit en 1986 pour introduire une exposition à la Galerie l'œil Dense à Paris, le critique d'art écrit :

« l'artiste recherche les tensions premières qui lui permettent de fixer le donné structurel de l'image. (...) cette peinture sobre et retenue dans sa tension n'est, en fin de compte, que la peinture du regard ».

Pendant 15 ans, Yvon Prével travaille sans relâche à traduire ses impressions visuelles par des collages de toiles et un travail fin sur la couleur. Claude-Henri Rocquet, écrivain, évoque ce travail patient de création :

« ces peintures, beaucoup d'entre elles, je les ai vues naissantes, dans la lumière de Gordes, posées sur une table de jardin comme sur un établi, couchées comme les pierres du lithographe, blocs et reliefs, sédiments, à peine sèches, buvant encore le soleil et le vent, - je les revois au mur d'une galerie identiques à ce qui s'inventait sous une tonnelle, dans le silence et la lenteur du jour, l'été dernier, mais différentes d'être définitives, levées, réunies avant qu'elles se dispersent : dédiées à l'avenir. »

Durant cette période, Yvon Prével voyage expose au Caire, à New-York, à Paris et à Gordes dans le Vaucluse. Ses thèmes de prédilection sont le Luberon et ses paysages, le visage, la danse, la musique (le jazz), New York… la mort et ses fantômes.

1993 - 2002

Les empreintes  : le regard intérieur

Au début des années 90, c'est la crise. Crise intérieure. Yvon Prével ressent l'impérieux besoin de se renouveler. L'artiste recherche une nouvelle écriture, il se recherche. Il rencontre Antonio Saura, Chu te Chun et réalise des échanges de peintures avec eux. Il quitte le Luberon, part en Bretagne, voyage en Chine… le processus de remise en question prend forme : la technique de l'empreinte apparue à la fin des années 90, prend peu à peu une place prépondérante dans son travail. Des thèmes nouveaux comme le ciel, la mer apparaissent… mais ces paysages et vues magnifiques cèdent peu à peu la place à un regard intérieur. Yvon Prével tente de traduire ses paysages intimes, le monde délicat et mouvant des sensations liées à un lieu où à un moment de vie.

Sa peinture se libère, les couleurs jusqu'alors sourdes ou en retenues deviennent éclatantes alors même qu'une terrible maladie neuro-dégénérative emprisonne son esprit et sa créativité dans un corps, qui se paralyse peu a peu. Les cinq dernières années de sa vie sont considérablement ralenties par la progression de la maladie. Il travaille uniquement sur papier ou toile, les formats se font plus petits. Yvon Prével passe quasiment les deux dernières années de sa vie à l'hôpital de la Salpêtrière à Paris où il meurt en août 2002.

 

Expositions personnelles : 

1971 Galerie Birkdam, Copenhague, Danemark
1972 Fondation du Haut Pavé, quai Montebello, Paris 5e
  Galerie l’Atelier, Gordes, Vaucluse
1974
Galerie du Lion, place des Vosges, Paris 3, dans le cadre du Festival du Marais
1987 Galerie Diva, Versoix, Genève, Suisse
  Galerie l’Oeil Dense, 4 rue Campagne Première, Paris 14e
1989
Galerie Pascal Lainé, place du Château, Gordes, Vaucluse
1990 Galerie Pascal Lainé, place du Château, Gordes, Vaucluse
1992 Atelier Pons, Paris 4e
1996 Galerie Alain Selmersheim, Paris 3e
1998 Galerie du square Louvois, Paris 2e

Expositions collectives (entre 2 et 5 artistes) : 

1981 Galerie Orchard, Tampa, Floride, USA avec Bradley Arthur, sculpteur
  Lincoln Savings Bank, New York, USA, avec Bradley Arthur
1982 Galerie Art Orchard, Tampa, Floride, USA
1983
Galerie Lia Grambilher, Paris, avec Jang Moon, peintre, et Olivier Brice, sculpteur
1984
Galerie de l’Hôtel Méridien Air France, Le Caire, avec Viviane Marescot
  Galerie de l’Impartial, Romans, avec Bradley Arthur
1985
Galerie l’Oeil Dense, Paris 14e, avec Frantz Laforest
1989 Access Galerie, New York, dans le cadre des festivités pour le bicentenaire des Droits de l’Homme et de la Révolution
1993 Siège de la SACEM, Neuilly
1997 Musée des Beaux Arts, Jinan, Chine

Expositions collectives (plus de 5 artistes) :

1974 à 1980 Fondation du Haut Pavé, Paris
  Galerie du Lion, Paris
  Galerie du Maître Albert, Paris
  Galerie Soleil (expositions organisées par la galerie en France et à l’étranger)
1974 - 1975
Galerie de la Passerelle Saint Louis, Paris
1975
Carré Thorigny, Sylvia Montfort, Paris
1978 
Participation à l’exposition organisée pour le 25e anniversaire de la Fondation du Haut
  Pavé à l’Hôtel Salomon de Rotschild, Paris 8ème
1979 Expositions dans diverses entreprises en Suède, organisées par Monsieur Christian Frayssinet
1981 Lynn Kottler Galleries, 33 E, 65th Street, New York, USA
1982
Beaux Arts, U.P. 7 d’architecture, Paris
  L’Art et la Mode, Espace Cardin, Paris
1983
Les Artistes dans la conception Architecturale, Galerie Arpa, Paris 4ème
  Galerie Muck, Bienne, Suisse
1984
Exposition de peinture organisée par le Rotary Club à l’Hotel de Ville de Cassis
1985 Foxworth Gallery, 33 E, 65th Street, New York, USA
1986 Galerie l’Oeil Dense, Paris
  Galerie 5, Bonnieux, Vaucluse
  Exposition sur le Jazz, Théâtre Pierre Fresnay, Ermont
  Castillon Fine Art, 159 Madison Av., New York, USA
1988 Galerie l’Oeil Dense, Paris
  “ Art 88 “, La Cuvé, Centre d’Art Actuel, Lachassagne, Rhône-Alpes
1990-91 Atelier Pons, Paris 4e
1991
Galerie Pascal Lainé, Gordes, Vaucluse
1992
Siège de la Spadem, Paris 12e
Institut Français, Pragues, Tchécoslovaquie
Alliance Française, Ostrawa, Tchécoslovaquie

Salons : 

1978 à 1988 Grands et Jeunes d’Aujourd’hui, Grand Palais, Paris
1981 - 1982 L’Art Vivant à Paris, Mairie du 18e, Paris
1983 - 1989
L’Art Vivant à Paris, Séoul, Corée du Sud
1982 - 1983 Salon de Montrouge, Mairie de Montrouge
1984
Salon Comparaison, Grand Palais, Paris
  Salon d’Art Contemporain, New Jersey, USA
1986
Salon d’Art Contemporain, Palais des Papes, Avignon, Vaucluse
1987 - 1988 Réalités Nouvelles, Grand Palais, Paris
1988
Art Jonction International, Nice, Alpes Maritimes

Jurys :

1983 Membre du Jury au Salon de Montparnasse, Paris 14e

Conférences :

2 mai 1988 
Exposition-débat sur la création et le marché de l’art en France. State University of New York. Organisateur et interprète : Jeff Halley, professeur en sociologie de l’art.