Yvon PREVEL

ŒUVRE

Cette page a pour principal objectif de donner quelques clefs d'interprétation. Cette réflexion n'est pas figée, elle évoluera au fil des remarques et suggestions des amateurs de l'œuvre d'Yvon Prével

A noter : les images s'agrandissent au survol de la souris.

L'empreinte

Le thème de l'empreinte parcourt l'ensemble de la période. C'est une notion centrale voire fondatrice qui se décline sous plusieurs aspects. En premier lieu l'empreinte visuelle : la trace résiduelle de l'image sur la rétine. L'artiste s'attache à restituer ce qu'il appelle les lignes de forces de ce qui l'a impressionné. Ces thèmes de prédilection sont les paysages du Luberon, les fenêtres sur paysage, mais également, le visage, les ciels, les branches d'arbre qui dansent dans le vent... L'empreinte c'est également la trace laissée par le temps sur certains objets. Yvon Prével incorpore au cœur même de ces tableaux ces témoins du temps qui passent comme des bois flottés ou, dans le cadre du thème du Luberon des morceaux de "portes de bois rongées par le vent et les pluies".. S'interroger sur l'empreinte, c'est aussi questionner les traces laissées après sa mort, le fantôme comme une empreinte de la personne disparue laissée au monde des vivants. Enfin, dans la dernière partie de son œuvre l'artiste utilise essentiellement la technique du peigne, qui comme son nom l'indique, utilise un peigne pour travailler la matière. L'empreinte du peigne sur la couche supérieure de peinture dévoile les couleurs de la couche inférieure. Par ces sillons réguliers, le rendu de cette technique évoque les rides du vent sur l'eau, le sable, l'usure, l'empreinte des éléments sur la matière.

L'empreinte visuelle

les lignes résiduelles de l'image laissées sur la rétine

Au début j'ai fait des pastels : j'essayais au moyen d'un trait géométrique et abstrait de restituer les lignes de force de ce qui m'avait impressionné, (...) un voyage dans le sud tunisien a d'ailleurs été déterminant sur ce point : la découpe de cette architecture dont les arrondis étaient encore soulignés par leur blancheur coïncidait avec ma vision abstraite du trait.

Yvon Prevel - mars 1984

Bien que cela ne soit pas forcément apparent, je travaille toujours à partir de ce que j'ai vu. Je recueille des impressions visuelles à la manière de flashs, que j'essaie de traduire en utilisant de concert la matière et la couleur.

Yvon Prevel - mai 1984

Une grande partie de l'œuvre d'Yvon Prével s'attache à saisir les lignes de force d'un paysage, d'un visage et à le restituer sur le papier ou la toile. En parcourant les milliers de photos prises par l'artiste au cours de sa vie, on retrouve ses thèmes de prédilection. Les simitudes entre photos et tableaux sont parfois frappantes et précisons d'emblée qu'aucun tableau n'a jamais été réalisé d'après cliché. Ces archives photographiques constituent aujourd'hui des témoins précieux de ce qui a retenu l'attention de l'artiste à l'époque et offrent un éclairage utile à la compréhension de sa démarche.

Les thèmes de prédilection : le Luberon

Le Luberon pour moi,  c’est l’austérité de l’abbaye de Sénanque, ce sont les maisons « renaissance » de Gordes, les intérieurs aux fenêtres étroites qui donnent sur la lumière brutale de l'extérieur, ce sont les oliviers, les découpes des différents plan de la nature : ils existaient en toute indépendance et je leur ai donné tout l’espace de la toile, mais lorsque j’ai voulu rendre ce que je pouvais voir depuis une fenêtre, j’ai introduit au moyen de cordes des lignes de tension qui encadrent mon regard et l’isolent par rapport à la nature.

Yvon Prevel - mars 1984

Découpe des champs et premier plan de broussailles.


On note un premier plan de "brousailles" sur le tableau.
La fidélité aux couleurs du ciel est frappante.
Ce travail accompagne une reflexion sur la danse.